Les groupes parlementaires « sous l'emprise des lobbies » ? Un aperçu des coulisses du système de milice

Lobbywatch a analysé qui assure les secrétariats des intergroupes parlementaires au Palais fédéral et a également mentionné Farner. Nous souhaitons saisir cette occasion pour expliquer ce que sont les intergroupes parlementaires, pourquoi des professionnels assurent leurs secrétariats et pourquoi cela fait partie du fonctionnement politique suisse.

Le 9 juin 2026, Lobbywatch a publié une analyse du registre des intergroupes parlementaires. Le constat : sur 136 intergroupes parlementaires, 125 sont gérés par des associations ou des agences. Quinze secrétariats sont assurés par des agences de conseil, dont quatre par Farner. Ces chiffres sont exacts. Ils proviennent d’un registre public, que tout le monde peut consulter. Mais l’élément décisif est la contextualisation : ce que l’article présente comme un constat sur «l’emprise des lobbies » décrit avant tout le fonctionnement du système de milice suisse.

 

Ce qu’est un intergroupe parlementaire, et ce qu’il n’est pas

Les intergroupes parlementaires sont réglés à l’art. 63 de la loi sur le Parlement: les membres du Parlement qui s’intéressent à un domaine particulier peuvent se réunir en groupe. Chaque intergroupe est ouvert à tous les membres du Conseil national et du Conseil des États, au-delà des frontières partisanes. Les intergroupes s’annoncent auprès des Services du Parlement, qui tiennent un registre public. Ils ne reçoivent aucun financement fédéral. Ils bénéficient uniquement de facilités administratives et, dans la mesure des disponibilités, d’une salle de séance.

Il est tout aussi important de préciser ce que les intergroupes parlementaires ne sont pas : ils ne sont pas des organes du Parlement. Ils ne préparent pas les objets parlementaires, ne déposent pas de propositions et ne prennent pas de décisions. Ces tâches relèvent des commissions et des Chambres. Un intergroupe parlementaire est un cadre d’échange spécialisé : des membres du Parlement intéressés par un sujet donné, par exemple l’hôtellerie et la restauration, l’Economie du textile ou l’hydrogène, y rencontrent des spécialistes, entendent différents points de vue et discutent des évolutions avant qu’elles n’entrent dans le processus politique.

Un parlement de milice signifie : quelqu’un doit faire le travail

Les conseillères et conseillers nationaux ainsi que les conseillères et conseillers aux États ne disposent pas de grands états-majors personnels. Quiconque préside un intergroupe parlementaire le fait en plus de son travail parlementaire, de ses séances de commission et de son activité professionnelle. Invitations, programme, intervenantes et intervenants, procès-verbaux, réservation de salles : ce travail ne se fait pas tout seul.

C’est pourquoi le travail de secrétariat est souvent assumé par les organisations qui sont proches du sujet sur le plan spécialisé. GastroSuisse assure le secrétariat de l’intergroupe parlementaire Hôtellerie et restauration (GastroSuisse), l’association suisse des propriétaires fonciers celui de l’intergroupe parlementaire Propriété immobilière et foncière et Pro Velo Suisse le secrétariat du groupe parlementaire mobilité douce. Un modèle que l’on retrouve dans tous les domaines thématiques. Et cela a du sens : un organe spécialisé n’a aucun intérêt à ce que son secrétariat ne comprenne rien au sujet.

Des agences comme Farner interviennent lorsqu’aucune association établie ne porte seule un thème, lorsque plusieurs acteurs assument conjointement une responsabilité ou lorsqu’un organisme responsable souhaite externaliser professionnellement le travail d’organisation. La différence par rapport à une association : nous travaillons sur mandat. C’est pourquoi nous déclarons publiquement nos mandats politiques, avec une mise à jour tous les deux mois, y compris les secrétariats que nous assurons, par exemple celui de l’intergroupe parlementaire Plaisir et responsabilité ou celui de l’intergroupe parlementaire Hydrogène/Power-to-X. Lobbywatch demande de la transparence : les agences doivent indiquer ouvertement dans l’intérêt de qui elles gèrent de tels organes. Chez nous, c’est depuis longtemps une pratique établie.

À quoi cela sert-il, et à qui?

Pour la politique, les intergroupes parlementaires apportent un savoir pratique au moment où il est le plus utile : avant que les positions ne soient figées. Pour les entreprises, les branches et les organisations, les intergroupes parlementaires créent un lieu au Palais fédéral où leur sujet peut être discuté de manière continue et multipartite. Dans le cadre d’un dialogue spécialisé, plutôt que sous la forme d’une intervention précipitée lorsqu’un objet est déjà en commission. Car quiconque veut défendre sérieusement une cause construit le dialogue avant que la situation ne devienne urgente. Ce n’est pas une astuce, mais un savoir-faire politique, déclaré et visible pour toutes et tous.

De la salle de séance au secrétariat général

La même logique s’applique au-delà du Palais fédéral. Une grande partie du paysage suisse des associations et des comités est organisée selon le principe de milice : comités bénévoles, budgets limités, tâches exigeantes. Comme partout, quelqu’un doit effectuer le travail. Farner assure donc pour des associations et des comités des secrétariats généraux complets, par exemple pour Swiss Family Business, une plateforme des entreprises familiales suisses, ou pour le Comité interpartis contre l’initiative de la JS. Un secrétariat général externalisé apporte du professionnalisme sans devoir créer sa propre structure, garantit la continuité malgré d’éventuels changements de présidence et permet de réunir communication, capacité de campagne et savoir-faire politique sous un même toit.

Transparence? Volontiers, pour toutes et tous

La Suisse a institutionnalisé la conciliation des intérêts comme peu d’autres pays. La procédure de consultation invite explicitement les acteurs à faire valoir leurs positions. Le système de milice vit de la proximité entre la politique, l’économie et la société. Dans ce système, la représentation organisée des intérêts n’est pas un corps étranger, mais un élément constitutif. Ce qui est décisif, c’est la transparence : des registres publics, des mandats déclarés et des rôles compréhensibles. C’est à cela que nous acceptons d’être mesurés.

Pour en savoir plus sur ce qu’un intergroupe parlementaire ou un secrétariat général géré de manière professionnelle peut apporter à votre cause:
thomas.huggler@farner.ch | dimitry.parisi@farner.ch